Archives de Catégorie: Mémoire des pays du Gier

Le temps des sirènes

LE TEMPS DES SIRENES

Texte d’André MARION

Illustrations: DELOIRE Laurent, CHANTELOUVE Franck

 

 

 

Photo Sirène (1)

L’ancienne « Caisse d’épargne », Michelle Blanc, n°21, mars 2009, 5 pages.

C’était autrefois la maison de la famille Fleurdelix, avec l’actuel « Jardin des plantes ». Elle a été vendue en 1852 pour devenir la mairie jusqu’en 1890. A cette date, la mairie va se transporter dans l’Hôtel du canal et la maison va être vendue à la Caisse d’Epargne qui ne quittera les lieux qu’en mai 2008. En novembre 1870, des dégradations inquiétantes sont constatées dans le batiment par l’architecte de la ville; la raison en est un mouvement du sol provoqué par l’exploitation des mines de charbon. Des travaux de réparation sont entrepris en 1873 et en 1874 le maire Pétrus Richarme confie la décoration du salon au peintre Delorme. Les peintures, exécutées rapidement, présentent des allégories féminines des arts, de la guerre , de l’agriculture et des activités de la ville: la verrerie, la mine, la métallurgie. Le plafond a été restauré en 1966. A l’extérieur des embellissements ont été faits entre 1892 et 1904: démolition de maisons environnantes , ce qui permet la création d’une place, ajout d’un toit mansardé et de sculptures en façade.

Rive de Gier pendant la guerre de 14-18, Gisèle Gentric, n°21, mars 2009, 8 pages.

Rive-de-Gier est un exemple de petite ville de « l’arrière », à l’écart du front, et cependant profondément transformée par les évènements. Le patriotisme du Conseil municipal est conforme à ce que l’on connaît dans tous le pays; au début du conflit, les morts sont exaltés, les Allemands dénoncés comme des « barbares » et on attend une victoire proche; cet optimisme disparaît avec l’éternisation du conflit. Le problème majeur va être le renchérissement des denrées de première nécessité, le risque de pénurie et en conséquence le mécontentement de l’opinion; la crise va devenir aiguë au printemps de 1917. Le maire va s’employer à exiger de la Préfecture et du Ministère des livraisons plus importantes de farine dans un contexte d’économie dirigée pour faire face à l’effort de guerre. On constate donc que la municipalité a été capable d’assure une vie à peu près normale à la population malgré le conflit et les frais d’assistance sont augmentés. De nombreux sursis d’incorporation sont aussi accordés aux ouvriers « mobilisés sur place » dans les usines nécessaires à la Défense nationale. A la fin de la guerre, comme dans tous les villages et villes de France, on va honorer les soldats morts (352 combattants) par un monument « des enfants de Rive-de-Gier morts pour la France », inauguré le 1er juillet 1923. Les élections de décembre 1919 voient la défaite de la municipalité sortante qui a traversé la guerre. La nouvelle municipalité, beaucoup plus à gauche et pacifiste va décider de renommer la rue de Lyon, rue Jean Jaurès, du nom du leader socialiste , assassiné en 1914 parce-qu’il s’opposait à la guerre.

La Justice, en l’an de grâce 1779, Juliette Boucaud, n°21, mars 2009, 2 pages.

Jean-Baptiste Berry, ripagérien de 35 ans et cloutier de son état, surnommé « Montagnard » a été condamné à payer 10 livres d’amende au Roi et à être pendu sur la place des Terreaux à Lyon et son cadavre a été exposé à une potence sur le « grand chemin » entre Rive de Gier et St-Chamond entre le pont des Garendes (sic) et la montée des Flaches. C’était un voleur « sur le grand chemin » et un voleur avec effraction. La peine a été sévère pour un délinquant qui n’a jamais commis de meurtre.

Les bords du Gier, Etienne Teyssier, n°21, mars 2009, 5 pages

Une petite chanson humoristique sur le Gier pollué et maladorant a été composée à une date inconnue par un anonyme. Le modèle en est une chanson anglaise, datant de 1917 et célébrant la bravoure d’un soldat anglais, blessé en France, loin de sa « miss »; elle célèbre la douceur du printemps sur la Tamise. Ce souvenir permet à l’auteur de rappeler l’évolution du Gier: d’égout à ciel ouvert, le Gier a été couvert par étapes successives sur environ 1,4km. Aujourd’hui, l’eau est à nouveau « limpide et claire », mais la rivière n’est pas assagie comme l’ont montré les inondations catastrophiques de 2003 et de novembre 2008.

Le Gier dans sa vallée, Michelle Blanc, n°21, mars 2009, 7 pages

L’article présente les affluents du Gier, de sa source jusqu’au Rhône, d’abord les affluents de la rive gauche, puis ceux de la rive droite. Cette présentation est complétée par un texte de Mathieu Fournier (1868-1943) tiré de l’ouvrage La Vallée Ardente, publié en 1938. L’auteur décrit avec émotion un joli cours d’eau champêtre, transformé, abîmé, pollué par l’activité des hommes.

Lo couse de Vait Var-de-Gi in 1848,Michelle Blanc, n°21, mars 2009, 20 pages

La révolution de 1848 à Paris entraîne comme partout la dissolution de la municipalité à Rive-de-Gier. Une administration provisoire est mise en place, remplacée le 17 avril par une « commission administrative élue ». Les membres de cette commission étaient certainement acquis aux idées « socialistes » de la révolution de Fevrier; leur problème majeur sera d’occuper les ouvriers sans travail , mais cette politique va être critiquée par les ripagériens, comme le montre un poème anonyme en franco-provençal écrit par un « pereyou « . Cet épisode « révolutionnaire » va être clos par l’élection le 13 juin de la municipalité Robichon/Delay et par le passage en conseil de guerre de certains élus socialistes qui avaient participé à l’insurrection du 15 juin à Lyon. Face au chômage massif, la nouvelle municipalité va lancer des travaux d’intérêt public et subventionner les industries en difficulté. Le chômage entraîne des troubles auxquels la Garde nationale ne peut pas faire face mais les demandes répétées d’une garnison militaire permanente ne vont pas être acceptées.